Les pots de moutarde apparaissent à nouveau dans nos supermarchés, mais la situation n'est pas encore entièrement rétablie. Quelles en sont les raisons ? Quand peut-on espérer un retour à la normale ?
Amélioration de la situation
La récente amélioration s'explique par une mobilisation sans précédent des agriculteurs français. Ces derniers ont doublé et relocalisé leur production, récoltant 2 000 tonnes de graines supplémentaires en début d'été. Un appel à augmenter les surfaces de culture avait été lancé en juin 2022, incitant de nombreux producteurs à réintroduire la culture de moutarde. Avec des prix ayant grimpé de 1200 euros la tonne par rapport à trois ans auparavant, plus de 500 agriculteurs sont maintenant impliqués, contre 160 auparavant. Par ailleurs, une augmentation notable de la production canadienne, atteignant 225 000 hectares, a également favorisé la disponibilité du condiment.
Origines de la pénurie
La pénurie s'est intensifiée à cause d'une sévère sécheresse au Canada, responsable d'une réduction de moitié des récoltes de 2021. Ce pays fournit 80 % des graines utilisées en France. Les agriculteurs français ont également subi des conditions climatiques difficiles ces dernières années, avec des épisodes de gel et une invasion d'insectes. Au niveau de la consommation, les Français, parmi les plus fervents consommateurs de moutarde de Dijon, voient les rayons se vider plus rapidement que dans d'autres pays européens, comme l'Espagne ou l'Italie, où la demande est moindre.
Une normalisation à l'horizon ?
Au départ, certains experts anticipaient un retour à la normalité pour 2024. Cependant, il semble que cette situation pourrait être rétablie dès janvier 2023. Selon Luc Vandermaesen, président de l'Association moutarde de Bourgogne, cette pénurie devrait « totalement disparaître début 2023 ». Malgré une production française accrue, celle-ci ne couvre que 20 % des besoins en graines pour la moutarde en France.
Un facteur crucial demeure : le coût de production a fortement augmenté, en grande partie à cause de la hausse des prix de l'énergie. Les pots de moutarde pourraient donc encore s'avérer plus onéreux qu'auparavant. De plus, la spéculation par les producteurs canadiens, qui détiennent une grande part du marché, complique les choses. La guerre en Ukraine a également eu des répercussions, empêchant un soutien plus important par les producteurs ukrainiens. Les récoltes canadiennes ne seront livrées qu'en fin d'année, après validation des graines et transport maritime vers le continent.







