Vous avez remarqué que vos courses coûtent de plus en plus cher, mais durent moins longtemps ? Ce phénomène, qu'on appelle shrinkflation, a été dénoncé par l'association Foodwatch qui cible six marques spécifiques.
Selon Foodwatch, la quantité de certains produits alimentaires baisse alors que leur prix reste inchangé. Ce phénomène, désigné sous le terme de shrinkflation, ou en français, inflation cachée, pose problème car il est difficile de le détecter. Comme l'explique Camille Dorioz, directeur de campagne, les clients ne trouvent pas souvent les mêmes formats de produits en rayon au même moment. Ainsi, des réductions de taille allant de 10 à 20% permettent aux marques d'augmenter le prix au kilo ou au litre de jusqu'à 37% sans pour autant que le prix à l'unité n'augmente de manière significative, ce qui passe inaperçu pour les consommateurs. Les hausses de prix ont souvent lieu sur des produits familiers, bien ancrés dans nos habitudes de consommation, comme l'indique le directeur dans une interview à BFM.
Des marques sous le feu des critiques
Après une enquête détaillée, l'association Foodwatch a mis en lumière six marques : Kiri, St Hubert, Saint Louis, Salvetat, Lindt et Teisseire. Prenons l'exemple de Salvetat, dont les bouteilles d'eau sont désormais de 1,15 litre, au lieu de 1,25 litre il y a deux ans, signifiant une diminution de 8% de la quantité tout en voyant le prix au litre grimper de 15% chez Intermarché, tandis que le prix unitaire n'augmente que de 5%. De même, Teisseire a réduit la taille de ses bouteilles de sirop de 75 cl à 60 cl, représentant une baisse de 20% de la quantité, tandis que le prix au litre chez Carrefour a augmenté de 37%, avec une augmentation du prix unitaire limitée à 12%.
D'après John Plassard, analyste financier, ce phénomène toucherait seulement 2% des produits en grande distribution, avec une présence notable dans les catégories des céréales et des tablettes de chocolat.
Appel à la transparence pour les consommateurs
Face à cette situation, Foodwatch lance une pétition pour plus de transparence, exigeant des marques, fabricants et distributeurs de prévenir les consommateurs des changements apportés à leurs produits. Malheureusement, cette méthode est complètement légale, tant que le poids des produits est clairement indiqué sur les emballages, afin de ne pas induire en erreur les consommateurs, précise Guillaume Forbin, avocat spécialisé en droit de la consommation chez Kramer Levin à l'AFP.







