La bonne question. Est-on condamné à souffrir après une soirée champagne ? Cet alcool est-il vraiment plus à l'origine des maux de tête que d'autres boissons ? Nous avons interrogé des spécialistes du champagne.
Durant vos soirées, les bulles sont pleines de promesses. Mais le lendemain, la situation peut être moins festive. Nombreux sont ceux qui croient que le champagne est plus susceptible de provoquer des maux de tête par rapport au vin rouge ou à la bière. Qu'en est-il vraiment ? Nous avons posé la question à deux experts du domaine.
Le soufre, coupable désigné ?
La recette du champagne, qui appartient à la catégorie des vins blancs, se compose d'ingrédients similaires à ceux des autres vins, tels que l'eau, le sucre, l'alcool issu de la fermentation, ainsi que divers acides. Cependant, un composant souvent discuté est le soufre, ou sulfite, qui est ajouté au champagne en plus grande quantité qu'au vin rouge.
« En fin de compte, ce qui pourrait provoquer des maux de tête, c'est principalement l'alcool qui entraîne une déshydratation, ainsi que le soufre, dont la concentration est généralement plus élevée dans le champagne », soutient Yan Rousselin, directeur de l'école de dégustation Cours d'œnologie and more.
L'influence des pratiques de production
Le soufre, bien que naturellement présent dans le raisin, est ajouté pour garantir la qualité du champagne, évitant qu'il ne développe des saveurs désagréables. Selon Maxe L'Hermenier, co-auteur de Dans les coulisses du champagne, « le soufre naturel n'est pas particulièrement responsable des maux de tête ». Pourtant, la quantité de sulfites peut varier grandement d'un producteur à l'autre. Les vignerons artisanaux, produisant de petites quantités, ont tendance à mieux contrôler les sulfites comparativement aux grandes entreprises industrielles.
L'importance du contexte de consommation
Yan Rousselin précise que « le champagne ne cause pas plus de maux de tête qu'un autre alcool ». Cependant, le cadre de dégustation influe sur l'expérience. Souvent associé à des événements festifs, il est souvent consommé à jeun, renforçant ainsi les effets de l'alcool, qui monte plus rapidement au cerveau dans cette condition. Par ailleurs, les bulles rendent le champagne plus agréable à boire, ce qui peut inciter à en consommer davantage sans modération.
Le champagne ne donne pas plus mal à la tête qu'un autre alcool
Pour conclure, le champagne ne doit pas être considéré comme un ennemi en soirée. Conservez simplement une approche modérée et pensez à manger avant de savourer une coupe.
(1) Dans les coulisses du champagne, Maxe L'Hermenier et Benoît Blary, éditions Jungle, 14,95€.
* L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.







