Popularisé en France au début des années 2000, le régime paléo, qui incite à manger comme les hommes préhistoriques, continue d'attirer de nombreux adeptes. Faisons le point sur ce choix alimentaire devenu véritable mode de vie pour certains.
Vous pensiez que le paléolithique était juste une époque de l'histoire ? Ce mode de vie consiste à consommer des aliments comme nos ancêtres chasseurs-cueilleurs d'il y a plus de 10 000 ans. L'objectif principal ? Préserver la santé. Quelles sont les véritables recommandations de cette diète ? Est-elle adaptée à tout le monde ? Et que dit la communauté scientifique à ce sujet ? Faisons le tour de la question sur le régime paléo.
Les origines du régime paléo
Le concept du régime paléo est apparu pour la première fois dans les années 1970, grâce aux travaux de l'américain Walter L. Voegtlin, qui s'intéressait à l'alimentation des hommes préhistoriques. Dix ans plus tard, l'anthropologue Stanley Boyd Eaton approfondit le sujet en analysant les gènes de ces ancêtres. Selon Eaton, l'alimentation de l'époque, cohérente avec notre patrimoine génétique inchangé, serait plus bénéfique à la santé moderne et préviendrait les maladies contemporaines telles que l'obésité ou le diabète. Comme le souligne la bio-nutritionniste Marion Kaplan, "en reprenant l'alimentation de nos ancêtres, nous rétablissons nos codes biologiques d'avant".
En 2001, le scientifique Loren Cordain rend cette théorie populaire avec son livre Le Régime paléo, devenant ainsi un pionnier de ce mouvement largement répandu aux États-Unis.
Principes de l'alimentation paléo
Le régime paléo privilégie la consommation d'aliments naturels et non transformés. Parmi ceux-ci, on retrouve la viande, le poisson, les œufs, ainsi que les fruits et légumes. "Il est faux de penser que le régime repose uniquement sur la viande. On peut être paléo et végétarien", précise Marion Kaplan, qui souligne l'importance des fruits et légumes dans ce régime.
La pyramide alimentaire paléo se fonde principalement sur les protéines animales, idéales lorsqu'elles proviennent d'animaux élevés en plein air ou de manière biologique. Les fruits et légumes doivent être de saison et aussi naturels que possible. En revanche, la consommation de graisses se limite aux graisses animales et à certaines huiles comme celle d'olive ou de coco.
Aliments à éviter
Une des caractéristiques du régime paléo est l'interdiction des céréales et légumineuses. Bien que certaines soient considérées comme saines, elles augmenterait la glycémie. "Je recommande d'introduire progressivement les légumineuses et certaines céréales sans gluten", conseille Marion Kaplan.
Les produits laitiers sont également exclus, à l'exception du beurre de vaches pâturées. Le sucre raffiné, les huiles végétales et tous les aliments transformés, y compris les sodas et la charcuterie, sont strictement prohibés. Pour ceux qui souhaitent se tourner vers ce régime, Loren Cordain propose une transition par étapes pour éviter un changement brutal.
Le paléo ne se présente pas comme un régime amaigrissant mais un mode de vie. Les restrictions visent avant tout à améliorer la santé générale. Les adeptes rapportent une réduction des problèmes de cholestérol, de diabète et d'autres maux liés à une alimentation moderne jugée déséquilibrée.
Malgré sa popularité, ce régime est controversé parmi les scientifiques. Des recherches, notamment celles publiées dans la revue Nature, montrent que les périodes préhistoriques étaient bien plus variées en termes de consommation alimentaire, les chasseurs-cueilleurs ayant une diète riche en plantes, fruits et feuilles, souvent moins carnée que celle promue aujourd'hui.
L'excès de protéines animales romprait avec les recommandations nutritionnelles modernes, qui marquent le lien entre la consommation excessive de viande et des maladies graves comme les maladies cardio-vasculaires. Les céréales, riches en fibres et nutriments, sont également absentes de ce régime, posant question pour ceux qui les privilégient aussi pour leur valeur nutritive.
En 2014, l'association des diététiciens britanniques a même classé le régime paléo parmi les régimes les moins efficaces. Bien qu'ils approuvent l'élimination des produits transformés, ils soulignent les risques de carences potentielles découlant des restrictions alimentaires trop strictes. Avant d'adopter ce régime, le conseil d'un professionnel de la santé est recommandé afin de s'assurer qu'il est compatible avec votre état de santé.







