Les hauts et les bas d'une gastronomie en mutation
Hélène Darroze fait souvent l'objet de réactions variées. Un jour, elle est célébrée comme la cuisinière de l’année, et le lendemain, les critiques fusent pour un plat décevant, une addition salée, ou un accueil peu chaleureux. Face à ces avis divergents, certains hésitent à conseiller son établissement, tant les retours peuvent être positifs comme désenchantés.
Néanmoins, la porte reste ouverte. Lors d'une récente visite, l'accueil, auparavant souvent jugé arrogant, s'est révélé très accueillant. Les horaires de réservation se sont assouplis, et l’établissement n'exige plus le numéro de carte de crédit, un procédé controversé qui a semblé être abandonné. Le chien, jadis gardien des lieux, n’est plus en première ligne. Cette évolution, bien que lente, permet d'appréhender l'établissement d’un regard moins critique.
Quant au service, il s’est assoupli, et la sommelière, loin d’antan, propose des vins de qualité à des prix raisonnables (50 euros), tels qu'un faugères rouge Cistus 2004 ou un cahors clos Triguedina 2000. La cuisine ? Elle reste douce mais manque parfois de profondeur. La célèbre coquille Saint-Jacques à 39 euros, accompagnée de jus et d’une petite salade, ou le bouillon de homard, ne brillent pas par leur originalité.
Pour les plats principaux, la palombe flambée à 65 euros cherche à séduire, mais la combinaison des saveurs hésite entre le charme et le caractère, aboutissant à un assaisonnement parfois trop fort. Les desserts, s’ils sont courtois, souffrent parfois d’un manque d’équilibre, comme ce chocolat-cumin-caramel au beurre salé trop dur, qui ne laisse pas une impression positive.
Dans l’ensemble, ce dîner reste honnête et servi avec bienveillance. Les retours négatifs semblent parfois exagérés. Étrangement, remettre le titre de chef de l'année à Hélène Darroze met en lumière les nuances et ambiguïtés de la gastronomie actuelle.







