Un moyen efficace pour économiser tout en garantissant la qualité de son alimentation.
Face à des produits bio souvent importés, le locavorisme séduit de plus en plus d'écoresponsables, qui choisissent de consommer localement. Certains n'hésitent pas à créer leur propre potager, inspirés par les grands chefs.
Une cuisine locavore en pleine expansion
La cuisine locavore, ou "terroiriste", est devenue la nouvelle tendance gastronomique. Après avoir exploré diverses cuisines du monde, les chefs reviennent aujourd'hui à des pratiques plus authentiques. La surabondance de produits importés a conduit à une certaine homogénéisation des plats. En réponse, de jeunes chefs se consacrent à la découverte de produits locaux : herbes, baies et racines qui témoignent de la richesse de leur terroir. Un exemple marquant est René Redzepi du Noma à Copenhague, qui propose des plats à base de lichen ou de jeunes pousses de pin, mettant ainsi en valeur des produits uniques de son environnement. En France, des figures comme Alain Passard, chef de L'Arpège, sont également à l'avant-garde de cette démarche en cultivant leurs propres potagers.
Consommation responsable : le retour aux sources
Les consommateurs, en particulier les amateurs de gastronomie, suivent ce mouvement en cultivant leurs propres légumes ou en s'approvisionnant chez des producteurs locaux. Cela leur permet d'éviter des étals peu engageants où l'alimentation bio est souvent synonyme de produits peu appétissants. En plus de contribuer à une alimentation de meilleure qualité, cette démarche offre une solution économique. Face à cette demande croissante, la grande distribution s'adapte : Monoprix, par exemple, collabore avec la marque "Les Petits Producteurs" pour offrir des fruits et légumes locaux dans un rayon de 50 à 160 kilomètres. Ces produits, souvent bio, s'affichent désormais comme plus écoresponsables que le label Agriculture Biologique.
L'évolution des mentalités vers une consommation durable
Elisabeth Laville, spécialiste en consommation durable, souligne que la crise n'a pas freiné l'intérêt des Français pour le développement durable.
Selon un rapport remis au ministre de l'Écologie, les tendances se maintiennent : malgré une croissance plus lente, les ventes de produits bio et équitables continuent d'augmenter. Les circuits courts et produits d'occasion prennent également de l'ampleur, avec un besoin croissant d'acquérir des biens utiles plutôt que superflus. Ce mouvement est porté majoritairement par des femmes, souvent plus engagées dans cette consommation écoresponsable, et par une population relativement éduquée, capable de naviguer dans la diversité des offres disponibles. Néanmoins, la consommation croissante de ressources reste un défi majeur pour un futur durable.
Il est clair que le développement durable ne peut plus se limiter à la production : il doit désormais influencer les stratégies commerciales et les modèles économiques des entreprises.







