Les emojis sont devenus des éléments incontournables de notre communication numérique. Que dire des pictogrammes food qui soulèvent parfois des débats ? Plongée dans cet univers avec une experte.
Tout débute en 1995 au Japon. Shigetaka Kurita, ingénieur chez Docomo, crée des symboles destinés à simplifier la messagerie limitée à 250 caractères. Ces créations, combinant images et lettres, portent le nom d'"emoji" en japonais. C'est ainsi qu'a vu le jour un nouveau langage visuel.
Les origines des emojis culinaires
"L'abondance de pictogrammes japonais résulte des besoins culturels", souligne Lucie Ronfaut, journaliste tech. Les emojis food se sont multipliés, représentant une variété de plats allant des sushis aux bentos. Avec la mondialisation, des géants comme Google et Apple ont adopté ce langage, créant ainsi une liste d'emojis qui symbolisent les spécialités culinaires mondiales : tacos, croissants, burgers... chaque pays a son emoji gastronomique.
Depuis près de 25 ans, ces entreprises se réunissent chaque année au sein du Consortium Unicode pour décider des nouveaux emojis. Chacune des propositions est examinée minutieusement, et leur standardisation est votée. L'objectif est d'éviter toute confusion quant à l'interprétation d'un emoji, ce qui rend parfois le processus délicat.
Entre créations et controverses
Chaque introduction d'un nouvel emoji peut engendrer des débats. Parfois, des détails apparemment anodins sont scrutés par les internautes. Par exemple, en 2018, la graphiste Jennifer Daniel de Google annonce la suppression de l'œuf dans l'emoji salade pour le rendre plus inclusif et végan. Cette décision, bien qu'appréciée, a relancé le débat sur la diversité.
Des précédents comme celui du burger de Google, où le fromage était positionné sous la viande, ont également suscité l'ire des gourmets. La rapidité avec laquelle ce pictogramme a été modifié témoigne de l'importance donnée par ces entreprises à la représentation correcte des plats. Les controverses continuent d'évoluer, avec des demandes telles que celle du camembert breton, qui espère obtenir son propre emoji, soutenue par une pétition récemment lancée.







