Pendant plus de trois décennies, le beurre a été l’aliment le plus vilipendé de l'alimentation américaine. Aujourd’hui, plusieurs scientifiques, études à l’appui, fustigent un discours moraliste et réhabilitent le « fat ».
"Mangez du beurre". Dans sa dernière édition, le magazine Time lance un appel provocateur aux Américains pour mettre fin à la guerre contre le gras, une diabolisation qui dure depuis plus de trente ans. Longtemps considérées comme des ennemis de la santé, les graisses, et en particulier les acides gras saturés, sont sur le point d'être réhabilitées. Aujourd'hui, c'est le sucre qui est pointé du doigt, accusé d'être à l'origine des problèmes de santé.
L'histoire de la diabolisation des graisses
La campagne anti-graisse a débuté à la fin des années 1970 avec la publication des Dietary Guidelines for Americans par le ministère de l'Agriculture des États-Unis (USDA). Ces recommandations consistaient principalement à éviter les graisses et à surveiller sa consommation de cholestérol. Simultanément, une vaste campagne de sensibilisation a vu le jour, visant à lutter contre l'obésité grandissante. Pourtant, près de quarante ans plus tard, la situation est alarmante : sept Américains sur dix souffrent de surpoids ou d'obésité.
L'effet pervers de la diète sans gras
Des scientifiques contredisent les mythes attachés aux graisses saturées. Ils arguent que la focalisation sur celles-ci pourrait avoir contribué à une hausse du surpoids et du diabète de type 2, souligne Time. Selon une étude de l'université de Cambridge, composée de 72 études dans 18 pays, les graisses saturées ne sont pas responsables des maladies cardiovasculaires. À l'instar du cardiologue Rajiv Chowdhury, de nombreux experts plaident pour un changement de cap, affirmant que les glucides raffinés sont en réalité les coupables.
Les politiques alimentaires mises en place depuis des décennies n'ont pas eu l'effet escompté. Au lieu de consommer plus de fruits et légumes, les Américains se sont tournés vers des produits pauvres en matières grasses mais riches en sucres. Keri Gans, diététicienne, met aussi en lumière l'augmentation des portions dans les restaurants et des repas fast-food, une évolution qui ne cesse de faire grimper les chiffres liés à l'obésité. Pour elle, il est crucial d'inclure des graisses saines dans son alimentation quotidienne, tout en maintenant des portions mesurées.







